Photo : Christophe Arcahmbault/AFP
Photo : Christophe Arcahmbault/AFP

Castaner révise son maintien de l’ordre

Mercredi, 5 Décembre, 2018

Le ministre de l’Intérieur a invité hier « les gilets jaunes raisonnables » à ne pas se rassembler à Paris samedi. Mais promis une mobilisation policière accrue.

On efface tout et on recommence ? Alors que se profile une (possible) quatrième grande journée de mobilisation des gilets jaunes, samedi prochain, malgré les annonces du premier ministre hier, l’efficacité des dispositifs de sécurité mis en place, notamment dans la capitale, lors des précédentes journées d’action, reste posée. Déjà critiqués après les heurts constatés sur les Champs-Élysées le samedi 24 novembre, qui avaient fait 24 blessés et donné lieu à 101 gardes à vue, le ministère de l’Intérieur et la préfecture de police sont plus que jamais pointés du doigt pour leur gestion de l’acte 3 des gilets jaunes, samedi dernier, dans la capitale. Les scènes de guérilla urbaine, qui ont fait le miel des chaînes d’info, auraient provoqué des dégâts estimés par la maire de Paris, Anne Hidalgo, « entre 3 et 4 millions d’euros » pour le seul mobilier urbain. Sur l’ensemble du pays, la journée de mobilisation aurait occasionné 263 blessés et à Paris, 412 personnes ont été interpellées, un chiffre record, selon le préfet de police Michel Delpuech, qui a évoqué « des violences d’une gravité sans précédent ».

« Nous n’avons pas été mis en échec, puisque le nombre de blessés est très faible, comparé aux violences auxquelles nous avons fait face », s’est défendu, hier, Laurent Nunez, le secrétaire d’État auprès du ministre de l’Intérieur, devant la commission des Lois du Sénat. L’ancien directeur général de la sécurité intérieure a pointé des « exactions qui sont montées d’un cran, samedi », avec « des préfectures, des mairies, des trésoreries ou des permanences parlementaires qui ont été visées », et la difficulté pour l’État d’encadrer « un mouvement totalement désorganisé ». Interrogé lui aussi par les sénateurs, hier soir, le ministre Christophe Castaner a « invité les gilets jaunes raisonnables à se désolidariser des extrêmes et à ne pas se rassembler à Paris samedi prochain ». Conscient que cette demande ne serait peut-être pas immédiatement suivie d’effet, le ministre a précisé que le dispositif de maintien de l’ordre serait modifié le week-end prochain, comme l’y avait invité le chef de l’État, dès dimanche soir. Et comme le réclamaient les syndicats de policiers, rencontrés mardi matin. « Nous mobiliserons plus d’agents que les 65 000 engagés dans toute la France samedi dernier. Et nous ferons en sorte qu’ils soient plus mobiles et réactifs », a promis Christophe Castaner. Exit donc l’idée d’un nouveau périmètre de type fan zone, qui avait montré de sérieuses limites le 1er décembre à Paris. Sans doute pour récupérer quelques effectifs policiers supplémentaires, les rencontres PSG-Montpellier et Toulouse-Lyon, prévues samedi pour le compte de la 17e journée de Ligue 1, ont, elles, été reportées « à la demande » des autorités.

Alexandre Fache
 
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