Hier, à Marseille. 23 établissements étaient perturbés, dont dix totalement bloqués. Jean-Paul Pellisier/Reuters
Hier, à Marseille. 23 établissements étaient perturbés, dont dix totalement bloqués. Jean-Paul Pellisier/Reuters

La colère lycéenne redouble de vigueur

Mercredi, 5 Décembre, 2018

Des dizaines de lycées étaient mobilisés, hier, dénonçant les réformes scolaires du gouvernement et partageant les revendicattions des gilets jaunes.

Les gilets jeunes en renfort des gilets jaunes. Entamée vendredi dernier, la mobilisation lycéenne a continué, hier, de prendre de l’ampleur avec des dizaines d’établissements à nouveau perturbés dans toute la France. À Marseille, vingt-trois lycées étaient concernés. Dans l’académie de Créteil, on en recensait trente-deux et autant sur l’académie de Versailles. Blocages, barrages filtrants, défilés parfois émaillés de violences, de feux de poubelles ou de voitures… Au total, au moins 100 000 lycéens, selon les syndicats, participent à cet embrasement qui devrait se poursuivre tout au long de la semaine.

De fait, le Syndicat général des lycéens (SGL) et la Fédération indépendante et démocratique lycéenne appellent à une journée de mobilisation ce jeudi. Tandis que l’Union nationale lycéenne (UNL), initiatrice du mouvement, organise la sienne, vendredi, avec une manifestation parisienne, à 11 h 30, entre la place Stalingrad et la place de la République. Dans le collimateur : les 2 700 suppressions de postes d’enseignants à la rentrée prochaine, la réforme du lycée et de la voie professionnelle, ainsi que la plateforme d’orientation Parcoursup, qui organise la sélection à l’entrée de l’université. « Sur tous ces sujets, le gouvernement a ignoré nos attentes et continue de faire ses réformes libérales et destructrices, explique Louis Boyard, président de l’UNL. Aussi, nous n’avons peut-être pas les mêmes revendications que les gilets jaunes, mais nous avons la même colère et le même ennemi. »

Rejoints par les agriculteurs

En bien des endroits, la convergence entre jeunes et moins jeunes a eu lieu. À Vesoul (Haute-Saône) et La Châtre (Indre), lycéens et gilets jaunes ont bloqué des carrefours. À Loches (Indre-et-Loire), ils ont manifesté ensemble. À Limoges (Haute-Vienne), des agriculteurs ont rejoint avec leurs tracteurs le cortège où élèves et gilets jaunes marchaient déjà côte à côte. « Notre mouvement est boosté par celui des gilets, constate Thomas Le Corre, porte-parole du SGL. Le mépris que ce gouvernement renvoie aux gens, la jeunesse le ressent aussi. » La suite ? Personne ne voit la colère lycéenne retomber de sitôt. Le mois de décembre est une période favorable. Les conseils de classe du premier trimestre sont passés et les bacs blancs n’ont pas encore commencé. Louis Boyard ne fait pas de pronostics : « Le mouvement est maintenant hors de contrôle. La seule personne qui peut le calmer, c’est Emmanuel Macron. »

Laurent Mouloud
 
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