Sur le Vieux-Port à Marseille, samedi. Clément Mahoudeau/AFP
Sur le Vieux-Port à Marseille, samedi. Clément Mahoudeau/AFP

Les ONG contre la fracture environnementale

Lundi, 3 Décembre, 2018

Les organisations du Réseau Action Climat dénoncent l’absence de mesures d’accompagnement social de la transition énergétique.

Fin du monde ou fin du mois ? Emmanuel Macron n’est pas plus parvenu à convaincre, mardi dernier, le mouvement environnemental que celui des gilets jaunes. Réunies, jeudi, pour une conférence de presse pré-COP24, les ONG membres du Réseau Action Climat (RAC) se sont révélées plutôt remontées contre le chef de l’État. Pas uniquement du fait de la défection de la France en matière d’ambition pour lutter contre le réchauffement climatique (lire pages suivantes). Mais aussi en raison de la faiblesse des mesures annoncées en matière d’accompagnement de la transition nécessaire. « La réponse à la crise sociale est indispensable à la mise en œuvre de la transition énergétique », notait Célia Gautier, de la Fondation pour la nature et l’homme (FNH). « Quand une partie du corps est en souffrance, l’autre ne peut pas avancer. » Or, dans son discours du 27 novembre, Emmanuel Macron n’a proposé aucun remède. « Concernant l’isolation thermique dans le bâtiment, essentielle à la lutte contre la précarité énergétique, qu’a-t-il dit ? Rien ! » illustrait la jeune femme en guise d’exemple de ce qui pouvait être espéré. « Au final, il ne fait que creuser la fracture entre enjeux sociaux et enjeux environnementaux. » Il y aurait pourtant moyen de rallier les deux, relève le RAC. Y compris sur la mobilité.

Relance du ferroviaire

Comme la plupart des mouvements environnementaux, le réseau continue de défendre le principe d’une contribution climat énergie indexée sur les carburants – autrement dit d’une taxe carbone, signal prix indispensable, à leurs yeux, pour influer sur les comportements. Il réfute fermement, en revanche, l’idée de la mettre en œuvre sèchement. « Le gouvernement a toutes les cartes en main pour répondre à l’urgence environnementale et sociale », souligne l’organisation. Outre des mesures de long terme, visant le développement de mobilités alternatives, entre autres la relance du ferroviaire, le RAC demande en urgence l’instauration d’un chèque mobilité. Celui-ci « devrait bénéficier à toutes les personnes qui n’ont pas accès à une alternative à la voiture individuelle et dont la capacité de se déplacer est fragilisée du fait de la hausse des taxes », estime l’organisation. Alors que celles-ci devraient rapporter 3 milliards d’euros en 2019, souligne encore le RAC, « il est logique d’en affecter une partie significative au financement de cette mesure d’accompagnement dans la transition ».

Marie-Noëlle Bertrand
 
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