Vidéo. Pierre Garzon, conseiller départemental du Val-de-Marne s'interpose entre les forces de l'ordre et les lycéens

Mardi, 11 Décembre, 2018

Ce mardi matin 11 décembre 2018, Pierre Garzon, conseiller départemental (PCF) de Villejuif, s'est interposé entre les élèves du lycée Darius Milhaud et les forces de l'ordre venues brutalement évacuer et arrêter les lycéens qui tentaient de se rassembler pacifiquement. Témoignage.

« Depuis lundi, les lycéens du lycée Darius Milhaud cherchent à se rassembler, refusent d'aller en cours, refusent de rentrer chez eux, et essayent de s'organiser en Assemblée générale. Il le font sans organisation, sans méthode, ils ne savent pas comment s'y prendre et sont face à un mur de l'administration de l'établissement qui refuse qu'ils puissent stationner devant le lycée. Le problème part de là. Les élèves se retrouvent dehors, sur la rue. Nous avons tenté de négocier afin qu'ils puissent se rassembler sur une zone à l'abri de la circulation, mais le proviseur a réfusé.

J'étais avec mes collègues élus conseillers départementaux de Gentilly et de Bicêtre. Depuis 7h ce matin, nous avons discuté avec l'administration pour que les élèves soient à l'abri et puisse s'organiser et exprimer leurs revendications. Nous nous sommes heurtés à un mur. A défaut d'un dialogue, on a veillé à ce qu'il n'y ait pas quelques agités qui commettent des dégradations, aidé les jeunes à formaliser leurs revendications, et fait la démonstration qu'ils ne veulent pas -contrairement à ce qui se dit- mettre le bazar, mais qu'ils ont des choses à dire. Les principaux sujets qui reviennent sont Parcoursup et les bourses. Beaucoup d'élèves disent "nos parents n'arrivent pas à s'en sortir pour nous payer les études". Il y a aussi les discriminations qu'ils rencontrent du fait de venir de Villejuif, de Gentilly, pour aller dans une fac ou une école.

Pendant deux heures, on a pu dialoguer avec eux. Bien sûr, une foule de lycéens de 15 à 18 ans, ça chahute, ça crie, mais il n'a rien eu de dramatique.

Et puis sont arrivées des forces de l'ordre, casquées, armées, avec des boucliers, qui très vite étaient en situation de provocation, menaçant de lancer des grenades lacrymogènes, des grenades de désencerclement, au milieu des mômes et opposant un refus total de dialogue.

D'où ma colère. J'ai cherché à discuter avec un gradé, je me suis heurté à un mur. Moi-même, j'ai été mis en joue à 2 mètres par un flash-ball, la personne me tutoyant, me menaçant... Les choses se passaient bien, mais avec cette intervention des forces de l'ordre, il s'est produit ce qui devait se produire : la situation s'est dégradée et il y a eu des charges, des interpellations injustifiées...

Or, il n'y a rien eu, pas une vitre cassée, pas un rétroviseur endommagé, aucun projectile jeté en direction des forces de l'ordre. Quand les esprits s'échauffaient on arrivait à les calmer.

Face à cette impossibilité de dialogue, j'ai essayé de parler avec un commissaire, qui a menacé de m'arrêter, alors que je porte mon écharpe d'élu. 

Suite à l'incident qu'on voit sur la vidéo, ces forces de l'ordre sont reparties comme elles étaient venues, au bout d'une demi heure, et le calme est revenu. C'est une attitude totalement irresponsable. »

Propos recueillis par Lorenzo Clément
 
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